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Euthanasie: premier feu vert des députés sur un sujet "grave et sensible"


NON CE N'EST PAS UN POISSON D'AVRIL !!!


Ce sont les prémices d’un débat très clivé sur ce sujet attendu dans l’hémicycle le 8 avril. « Ultime liberté » contre risque de « dérive » : les députés ont approuvé mercredi en commission un droit à l’euthanasie pour les personnes en fin de vie souffrant d’une pathologie incurable.


Une proposition de loi « donnant et garantissant le droit à une fin de vie libre et choisie » du député Olivier Falorni (groupe Libertés et Territoires) a été approuvée dans la soirée en commission des Affaires sociales, après plus de six heures d’échanges intenses. Les clivages ont traversé la plupart des groupes politiques, qui ont laissé leurs membres s’exprimer en conscience sur un thème « grave et sensible », selon l’expression de la présidente de la commission, Fadila Khattabi (LREM).


L’« hypocrisie » d’un exil en Belgique ou en Suisse


De nombreux orateurs ont toutefois salué un débat « digne » et « respectueux » des opinions de chacun, malgré des divergences profondes. Le texte doit maintenant venir en première lecture en séance plénière à l’Assemblée nationale le 8 avril, journée réservée à des textes du groupe d’opposition d’Olivier Falorni.


Le député de la Charente-Maritime, ancien socialiste, a reconnu que sa proposition abordait des « questions existentielles ». Ouvrir le droit à une mort médicalement assistée permettrait selon lui de sortir de l’« hypocrisie » de laisser les personnes partir en « exil » en Belgique ou en Suisse pour y avoir recours, ou fermer les yeux sur les « 2000 à 4000 » euthanasies clandestines qui seraient pratiquées chaque année en France.

L’article 1er de sa proposition prévoit que « toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, provoquant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable », peut demander une « assistance médicalisée » pour mourir « par une aide active ».


Liberté de conscience


D’autres dispositions prévoient notamment une liberté de conscience pour les médecins, apportent des garanties sur le consentement des malades, ou encadrent l’assistance médicalisée et la place des familles. Parmi les soutiens d’Olivier Falorni, Marie-Noëlle Battistel (PS) a souligné le « consensus social et transpartisan » pour ouvrir un droit à l’euthanasie. À droite, Maxime Minot (LR) a estimé qu’il était « grand temps que la France avance sur ce sujet ».

Tous ont salué les avancées permises par la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui autorise la « sédation profonde et continue jusqu’au décès » pour des personnes dont le pronostic vital est engagé « à court terme », sans aller jusqu’à une euthanasie active. Tous ont aussi déploré la mauvaise application de cette loi, notamment un manque de services de soins palliatifs.


Source : https://www.nouvelobs.com/politique/20210401.AFP7137/euthanasie-premier-feu-vert-des-deputes-sur-un-sujet-grave-et-sensible.html

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